jeudi 30 janvier 2014

Rupture consommée

Retrouvailles au fond d’un bistrot
D’habitués
Au verbe haut
Devant une cuvée
Tord-boyaux
Histoire d’enfin régler
Le fardeau
Des formalités
À bonne distance du caniveau
Ainsi sous les yeux amusés
D’un public de poivrots
Avides de se gargariser
D’une querelle d’égos
Ébréchés
Entre tourtereaux
Estropiés
On liquide les négos
D’entrée
Pour ensuite à coups de consos
Et autres tournées
Apéro
Sollicitées
Par les soûlauds
Se rapprocher
Jusqu’au bécot
Et repartir carcasses cuitées
Se faire une dernière fois la peau
Dans un hôtel de quartier.

mardi 28 janvier 2014

L’endormie

Pleine nuit
Dans l’appartement muet
Quand éclate un bruit
De duvet
Tirée manu militari
Par un inconscient aux aguets
De ses rêveries
D’époux Disney
La trahie
D’un trait
Se raidit
Tâte d’une main mécanique la taie
D’oreiller mollement rebondi
De son suspect
De mari
Habituée à ce linge trop frais
L’amorphe cocue se saisit
De son portable de chevet
Et d’une touche-raccourci
Appelle une ligne qui elle le sait
La mettra sur messagerie
Façon cadet
De ses soucis
Elle marmonne quelques mots inquiets
Puis corps blotti
Dans un douillet
Déni
Elle se rendort sans délais
Revêtue d’œillères hors de prix.

jeudi 23 janvier 2014

À deux doigts

À deux doigts
De se rater
À quelques pas
De se passer à côté

À deux doigts
D’aller trinquer
Chacun chez soi
À nos envies avortées

À deux doigts
De reporter
À une éventuelle autre fois
Sous couvert de fatalité

À deux doigts
De n’avoir pas pu t’inviter
À venir jouir entre mes draps
Suite à quelques phrases échangées

À deux doigts
De n’avoir pas pu savourer
Ton corps enserré dans mes bras
Après qu’on ait pris notre pied

À deux doigts
De ne m’être pas masturbé
En repensant à nos ébats
Après t’avoir raccompagnée.

samedi 18 janvier 2014

Élections

Sur les murs malades du pays
Des politicards placardés
Racolent les derniers indécis
À coups de rictus retouché
Et de mots soigneusement choisis
Par des communicants rodés
À vendre du rêve à crédit
Au détour d’étals de marché
On les retrouve toutes mains sorties
Levant le client par poignées
De tracts à leur effigie
Où ces boutiquiers
De partis
Sur fond plus dégradé
Qu’uni
Bradent leurs salades à moitié
Prix
Façon pute quartier
St Denis
Moindre mal pour ces tapins nés
D’idéologies
Fantasmées
Par des votants à la merci
D’espérances jamais rassasiées
Mais qui à force d’appétits
Trop attisés
Bientôt dévoreront ceux qui
Se régalent à les affamer.