dimanche 14 avril 2013

Vie de chiottes

Une main posée
Sur la chasse
L’autre occupée
A tenir sa tignasse
Le sac d’os perché
Sur échasses
S’acharne à dégueuler
L’angoisse
De la prochaine pesée
Que sa carcasse
S’apprête à lui faire avaler
Façon soupe à la grimace
Son IMC
A la ramasse
Le top à tête de déterrée
Ressasse
Ses rêves émaciés
De palaces
Dont elle a surtout visité
Les fonds lavasses
Des w.c.
Première classe
Terrifiée
A l’idée d’un adieu aux strass
Le modèle-momie fait plonger
Deux doigts filasses
Dans son gosier
Pour encore vomir à la face
De son reflet défiguré.

lundi 8 avril 2013

Devoir conjugal

Prise en levrette
A gros sabots
Façon starlette
De film porno
Elle attend la fin de la fête
Qu’elle autorise à son taureau
Entre deux maux de tête
Et l’excuse béton du boulot
Tandis qu’il halète
Crâne rougeaud
Et lui pète
Les ischios
Elle feint la grimpette
Aux rideaux
Tout en décomptant les gouttelettes
Tombées du museau
De sa bête
Qui sitôt
Largués ses gamètes
Râle d’aise et s’endort dans son dos
Ravi de sa perf’ de compet’
Impatient du prochain galop
De galipettes
Assaut
Que l'arrangeante vachette
Endurera la libido
Dans les chaussettes.

dimanche 7 avril 2013

Papam Marketing

Vivats
Devant le Vatican
Où un fantôme en apparat
Du haut de son balcon branlant
Bombarde de rictus béats
Le fan-club des anti-Satan
Chaperonné par ses prélats
Agiles confesseurs d’enfants
Et spécialistes en bras
Ballants
La diva
Tout en blanc
Se gargarise d’Alléluia
Scandés par un bétail fervent
En crise de foi
Et mal d’antan
Yeux fermés le flot catho boit
Les boniments
Télé-achat
D’un branque qui sur écran géant
Leur vante les vertus de la croix
Et la joie de pisser le sang
Sur les hauteurs du Golgotha.

samedi 6 avril 2013

Panne de courant

Rencard
Internet
Au comptoir
Des aveuglettes
Nourries d’espoir
Réduit en miette
A l’instant d’ôter les foulards
De nos mirettes
Le Colin-Maillard
Des braguettes
Vire au cauchemar
Où les plombs pètent
Au premier échange de regards
Blancs devant nos verres de piquette
Picolés dans le noir
Tandis qu’à tâtons nos deux têtes
Cherchent une lueur d’échappatoire
Parfum de poudre d’escampette
Entre grattoir
Et allumette
D’un commun accord on se barre
Dans un sourire à la sauvette
Victimes des néons du miroir
Aux alouettes.

vendredi 5 avril 2013

Les peaux ivres

Devant deux cubis
Débouchés
Nos élocutions ramollies
Se prennent les pieds
Dans le tapis
De nos langues râpées
Par la lie
D’interminables civilités
Au goût de belle hypocrisie
Echauffés
Par nos semblants de courtoisie
Un à un les grammes viennent gorger
Nos sangs rougis
De la gêne des gens éméchés
Sans jamais noyer nos esprits
Dans le bain d’orgie espéré
C’est tous deux imbibés d’envie
Et bercés
Par la litanie
Du tanin bon marché
Qu’on sombre en mode chien de fusil
Accolés
Par l’alcoolémie
Nos timidités
Engourdies.

U.E. Holocauste

Poches pleines
De vide
Bas d’laine
Arides
Une armée d’ombres citoyennes
Aux solvabilités livides
Erre des guichets bancaires d’Athènes
A la Gran Vía de Madrid
Où le sang taurin des arènes
A laissé place au rouge suicide
De vies à la petite semaine
Aux carotides
Trancheuses de peine
Rongés par l’acide
De la haine
Ceux qui restent lapident
A coups de pièces européennes
Le drapeau aux étoiles cupides
Et sèment à leur insu les graines
D’un nationalisme fétide
Populistes porteurs d’un pollen
Tombant sur le terreau putride
D’une union dénuée d’A.D.N.