mardi 15 janvier 2013

Métro expo dodo

File sans fin
De transportés
En commun
Dont le souffle frigorifié
Retombe en crachin
De huées
Dans l’air d’un dimanche parisien
Pollué
D’asphyxiants quotidiens
Qui le temps d’une sortie musée
Ont voulu sauter du train-train
Aux turbines bousillées
De trop de routine au turbin
Tous à présent parqués
Façon badauds-bovins
Derrière une barrière-barbelé
Les veaux parisiens
Tapent du pied
Attendant qu’un à un
On les laisse s’abreuver
Des couleurs d’un Gauguin
Avant de retourner
Brouter du noir lundi matin
Et non-stop pâturer
Le purin
Paperassier
Du N+1.

vendredi 11 janvier 2013

Tapin Terminus

A l’affût sur le quai de gare
La trans diva
Des trottoirs
Mains ramassées sous son boa
Guette la prochaine paire de phares
Dans l’horizon des voies
Aux trajectoires
Grises de gravats
Entre deux lâchers de mollards
Lourds de foutre et de tabac froid
La barbie-ken de boulevards
Se gargarise à la vodka
Histoire
D’ôter le goût d’immonde orgeat
Délesté par d'obèses routards
De bois
Et autres affamés banlieusards
A la queue au goût de rince-doigts
Entre enfin dans St Lazare
A toute blinde le roi
Du retard
Quand soudain la pute à grosse voix
Lasse de palper des sommes-pourboire
Gains de ses pipes à tour de bras
Se jette sous les roues du hachoir
Ultime visa
Pour atteindre le territoire
De celles que l’on couvre d'un drap.

mardi 8 janvier 2013

AAApocalypse

Rendu des copies nationales
Corrigées moyennant monnaie
Par un gang d’agences-tribunal
A l’éthique écrite à la craie
Travailleurs l’heure est Capital
Tombé des sentences-alphabet
Sous les yeux du rajah Mittal
Nettoyeur en Nord-Pas-De-Calais
Qui sur son tas d’or-Taj Mahal
S’en frotte grassement le minaret
Tandis que cendres syndicales
Et poussières de progrès
Social
Fusent d’un haut-fourneau à l’arrêt
Exilés de l’hexagonal
Délocalisés sans délais
Videz vos poches et faites l’étoile
Avant d’embarquer pour Bombay
Pas d’angoisse pour la fouille rectale
La main de l’État s’y connaît
En matière de fist fiscal
Et d’attouchements sur fiche de paie.

lundi 7 janvier 2013

La fille des favelas

Tandis qu’une pluie d’hydrocarbures
Crache à la gueule des crève-la-faim
Dans son bidonville no future
Elle danse une bouteille à la main
Orteils en pointes sur les ordures
Au son des grondements enfantins
De progénitures
D’hommes défunts
Qui d’une amère morsure
De sein
Tètent un lait couleur sépulture
A l’arrière-goût de moins que rien
Du dos la belle caresse les murs
Enduits de malheurs mitoyens
D’impacts pareils à des gravures
Sculptées à même l’enfer urbain
Des tirs soudain stoppent sa cambrure
Qui s’effondre sous les filins
De linge sale d’une énième bavure
D’un bambin
Aux rêves de dorure
Et à l’ambition de parrain
Derniers murmures
En brésilien
Fredonnés par la pâle figure
Alors que se profile au loin
Un panorama de brochure.