dimanche 10 juillet 2011

Fin de cavale

Réveil brutal
Nez collé aux barreaux du lit
D’une antique reine de bal
Qu’une bouteille de Chianti
De bas étal
Et qu’un champagne premier prix
Pour Kir tout sauf royal
Ont neutralisé toute la nuit
Sous un orchestre de cymbales
Crânienne cacophonie
Qu’une migraine magistrale
Me diffuse en Dolby
Et le foie en phase terminale
Je tente une silencieuse sortie
Evasion mise à mal
Par mes membres encore engourdis
Bruyamment je m’étale
Réveille la vieille et son envie
D’érection matinale
Qui d’un gémissement me prédit
Qu’ici se termine ma cavale.

vendredi 8 juillet 2011

En terrasse

Bordure de bar
Clope et kawa
Sous un cagnard
De Sahara
Et au son de pièces de pourboire
Je bois
Les paroles-racontars
Qu’autour de moi
Jaseurs soiffards
Concierges briseurs d’omertà
Et autres buveurs trop bavards
Répandent à tour de voix
De Ricard
En Margarita
Epidémiques bruits de couloir
Et rumeurs-Choléra
Mutent au fil des mâchoires
Dans un brouhaha
De bobards
Transformant l’estival endroit
En un caniculaire crachoir.

mercredi 6 juillet 2011

Le strip club

Sur des canapés décrépits
Aux mousses ensemencées
De filaments de foutre cuit
Commerciaux avinés
Aux désirs ramollis
Et veufs fraîchement éplorés
A la libido endurcie
Par des pilules prêt-à-bander
Du regard se rassasient
Louchant sur les seins bon marché
De miséreuses mères de famille
Amèrement agrippées
A la barre d’acier qui nourrit
Leurs bouches barbouillées
De Botox bouffies
Sourires faussement sucrés
Et déhanchés de pacotille
Rythment ainsi la soirée
Sur fond de sifflets et de cris
Qu’un mauvais beat peine à masquer
Mais que la nuit
Se chargera de faire cesser
Tandis
Que tous iront rêver
Seuls sous leurs draps d’une autre vie.