mercredi 23 mars 2011

Mort d'une aventure

A rebours
Vers l’aurore
Les aiguilles courent
Et d’un tic-tac retors
Tirent du sommeil le jour
Qui à travers le store
Vient lécher les contours
De notre amas de corps
Dont les siamoises courbures
Dès lors
Se séparent et se murent
Dans un silence de mort
Que seuls quelques râles de griffures
Troublent du bout des pores
Sous la brûlure
Des rayons d’or
Un à un nos sens se censurent
Et les pudeurs d’éclore
Pareilles à de claires moisissures
Alors
Qu’à mesure
S’évaporent
Les dernières bribes d’obscur
Et que s’illumine le décor
Où notre gisante aventure
Ad vitam aeternam s’endort.

lundi 7 mars 2011

Facebook

Sur les murs
Du réseau social
Les Narcisse du futur
Sans cesse s’étalent
Sous toutes leurs coutures
Se déballent
Nombrils avec pour seule censure
Des lambeaux de morale
D’où suppurent
Blessures de conflit familial
Plaies de fracture
Sentimentale
Et banales boursouflures
D’ego mis à mal
Par un frais trauma post-rupture
Ainsi continuellement dévalent
Dans ce virtuel vide-ordures
Tranches de vie sous vide abyssal
Et autres intimes épluchures
Qu’une liste d’amis se régale
A racler jusqu’à la rognure.

jeudi 3 mars 2011

Apple Store

Dans la boutique
La famille Mac
Exhibe ses courbes métalliques
Aux maniaques
Du tout-numérique
Ici en terre paradisiaque
Toute la belle clique
D’un clinquant regard braque
Le geek
Qu’elle dévalise d’une plaque
Petite pomme-pompe à fric
Ensuite s’attaque
Au grand public
Dont elle détraque
A coups de technologiques
Claques
Tout bon sens et logique
Qu’enfin il craque
Et repasse le méfiant portique
Les bras chargés de sacs
Le compte en banque vidé d’une brique.

mercredi 2 mars 2011

Séance

Allongée sur la méridienne
Les yeux clos elle remonte
Le courant des eaux souterraines
Où stagnent résidus de honte
Et détritus de haine
Dont ses narines affrontent
Les puantes effluves puritaines
Le nez pincé elle se raconte
Face à la froide Freudienne
Qui silencieusement la confronte
A ses terreurs anciennes
Traumatiques démons-mastodonte
A l’écrasante haleine
Dont elle revoit les doigts qui domptent
Sa crinière noir ébène
Qu'elle condamne depuis à la tonte
Et vissent son visage qu’ils maintiennent
Dans un étau de fonte
Tandis que tremble sa bouche pleine
Qu’un bas-ventre à jamais surmonte.