dimanche 28 novembre 2010

Fils de pute

J’ai grandi
N’importe où
Entre deux rendez-vous
Nourri
Au sein flétri
D’une mère qui joignait les deux bouts
A coups de passes dans des taudis
A l’intimité sans verrou
Faits de billets-bouts de brindille
Ils nous servaient de nids
Au cœur desquels d'hideux coucous
Débarquaient de jour comme de nuit
Histoire de donner quelques sous
A celle qui à genoux
Le temps d’une fastidieuse gâterie
Leur offrait de quoi fuir une vie
De pâle époux
Ou d'affectivement démuni
C’est bien sa bouche-tout-à-l’égout
Qui sans rechigner a nourri
Cette autre bouche qui devant vous
A travers cette courte élégie
Veut lui rendre hommage aujourd’hui.