mardi 23 février 2010

Chez Raspoutine

Des heures que je griffonne
Dans mon restau cantine
Au son du blabla blond platine
Et des glapissements mégaphone
De mes Gala-Voici voisines
Elles pérorent sur Paris Hilton
Pendant qu’impuissant je piétine
Tâtonne
M’obstine
Et casse des mines
Sur les intercalaires pantone
De mon Moleskine
Toujours en quête d’une belladone
Pour inspirer mon héroïne
Je monte jusqu’à la mezzanine
En m’imaginant Babylone
Et ses jardins de fleurs divines
Mais là-haut rien que des gorgones
A la paire d’implants qui pigeonne
Au mascara qui dégouline
Et leurs narines
Qu’elles badigeonnent
De coc’ à coups d’AmEx platin’
Un peu paf j’abandonne
L’antre des poufs rupines
Direction la rue Lord Byron
Où m’attend ma bonne
Vieille Austin
Alors que je clopine
Marmonne
Rumine
Mon Arlésienne Madone
Une soudaine limousine
Me cartonne.

lundi 22 février 2010

Boîte noire

Scénar’
En or
Pour polar
Sans temps morts
J’avais pondu l’histoire
Entre soir
Et aurore
A coups de café noir
Me manquait juste encore
Un des personnages phare
Une Eve à concevoir
Alors
J’ouvrais les stores
De mon immonde mémoire
En quête d’une muse-renfort
Dans l’obscur lupanar
Je découvrais les corps
De partenaires d’un soir
Aux bouches souillées du chlore
Extirpé de mon dard
Pris de nausées-remord
Et d'un désir hagard
Je refermais dare-dare
Un à un les tiroirs
Et quittais ce décor
De souvenirs blafards
Sans mon égérie rare.

vendredi 19 février 2010

Victoria’s Secret

Sur sa peau nulle
Trace de bretelle
Et sous son pull
Pas plus de dentelle
Que de tulle
Hostile
A tout textile
Entre elle et son 3 fils
Pour ses dessous elle ne se bile
Pas
Plus en haut qu’en bas
Son jean Levi’s
Elle ne l’aime
Qu’à même
Le pubis
Sans voir le vice
Shorty guêpière
Bustier boxer
Tout ça l’enserre
Sans parler du string qui lacère
Ses petites paires
Lèvres et fesses
Pas un jour sans qu’elle ne les laisse
Prendre l’air
Sa chair
Sans fards
Victoria n’en fait pas mystère
Et c’est sans doute ça quelque part
Qui mieux qu’un quelconque accessoire
La met plus qu’une autre en lumière.

vendredi 12 février 2010

Amsterdam

Dans le Red Light District
Quartier des sex addict
J'arpente les rues étroites
Pareilles à des fentes moites
Où suintent les désirs
Je promène mon regard
Sur les visages de cire
Aux maquillages criards
Je vais d'échoppes en bouges
De rideaux en cabines
Où sous les néons rouges
Se démènent des poitrines
Pour charmer mon serpent
Aux sonnettes d'argent
Pendant ces films muets
Aux sordides mises en scène
J'aperçois mon reflet
Et des flashs me reviennent
D'immenses vitrines de jouets
Moi devant fasciné
Par la chair couleur craie
Des poupées disposées
Et les mots qui disaient
Fragile - ne pas toucher
Tarifs - nous demander.

dimanche 7 février 2010

Naples

Bar italien
Chaleur d'étuve
Un jour de Juin
Alors que je m’abreuve
La vue sur le Vésuve
Un fleuve
D’effluves
Me vient
Cigarette à la main
Une femme fait éruption
Volcan napolitain
De la lave en fusion
Sur talons Louboutin
Pure intoxication
Des parfums qu’elle exhale
Par son cratère carmin
Nocive inhalation
De ses émanations
Dans mes bronches mises à mal
Que son souffle dévale
Courant à pleins poumons
Moins mamma italienne
Que magma fumigène
Quand elle sort de la salle
Dans son sillage voltigent
Des braises phéromonales
Et sur ma cuisse se fige
Une coulée séminale.

vendredi 5 février 2010

Bijou, cou, genou…

Les hommes veulent les genoux
Des femmes autour du cou
Elles autour du leurs préfèrent des bijoux

Les femmes veulent un bijou
D’homme qui pose un genou
A terre pour lui passer la corde aux cou

Les hommes sont à genoux
Pour avoir à leur cou
Une femme quitte à lui payer des bijoux

Les femmes prennent à leur cou
Leurs jambes jusqu’aux genoux
Quand l’homme ne veut plus payer de bijoux.

Dégât

J’ai toujours été l’adversaire
Bien plus que le partenaire
De celles qui m’ont fréquenté

J’ai longtemps préféré leur faire
L’amour comme on fait la guerre
Sans qu’elles y soient préparées

J’appartiens au genre de ceux
Qui partent en mettant le feu
Sans jamais se retourner
N’abandonnant derrière eux
Rien que de la chair brûlée

J’ai pas choisi de faire carrière
Dans les relations amères
J’y fus de force enrôlé

Par un franc-tireur insincère
Qui par le col de ma mère
Passa voilà des années

J’appartiens au genre de ceux
Que l’on assume comme on peut
Qu’on aimerait oublier
Et dont on lit dans les yeux
L’envie de n’être pas né.

mercredi 3 février 2010

Mile High Club

Haut dans les airs
Seul en première
Un peu pompette
Je compte les bulles
De mon Moët
Sur la tablette
Où s’accumulent
Assiettes
Pilules
Et mignonnettes
Soudain mon lit-fauteuil bascule
J’entends qu’on détache ma seat belt
J’ouvre mes mirettes
Minuscules
Lourdes de trop de liquorettes
Pour apercevoir incrédule
Deux interminables gambettes
M’enserrer tels des tentacules
Pour une partie de galipettes
En même temps que l’hôtesse ondule
Elle articule
D’une voix très nette
Les consignes du fascicule
Qu’elle récite quand elle gesticule
Un peu partout sur la planète
Avant l’envol du véhicule
Alors qu’elle remonte sa jupette
Le hublot m’offre un crépuscule
Digne des paroles d’un prophète
Car à l’instant elle m’inocule
Le mal aux lettres majuscules.

mardi 2 février 2010

Acte sexuel

A l’entracte
Des yeux
Elle me contacte
Impact
Et pas qu’un peu
Dans mon jean se contracte
Mon membre désireux
On scelle en moins de deux
Un pacte
Silencieux
Nos tentations nous tractent
Jusqu’aux toilettes messieurs
Désirs autodidactes
Car sans même que
L’on jacte
Nos langues forment un nœud
Je la retourne sans tact
Contre la faïence bleue
L’honore d’à-coups compacts
Mes deux mains dans ses creux
Jusqu’à gagner l’exacte
Extase de notre jeu
Nos couvertures intactes
Nous regagnons les lieux
A temps pour l’acte
Deux.